«J’ai encore la rage pour retrouver le devant de la scène»

 In A la une, Revue de presse

Momo Sissoko se verrait bien revenir en Ligue 1 dans un club de milieu de tableau.

Il a fait partie du premier chapitre de l’ère qatarienne du PSG, à l’époque des Lugano, Ménez et Gameiro. Il a même porté le brassard de capitaine au printemps 2012. Avant de quitter Paris par la petite porte, handicapé par une blessure lancinante au genou. Mohamed Sissoko, 32 ans, formé à Auxerre puis passé par le FC Valence, Liverpool et la Juventus Turin, s’est ensuite lancé dans un étonnant voyage, jusqu’en Indonésie, aux confins de la planète football. Nous l’avons retrouvé, mardi, dans une salle de sport de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine.

Pourquoi avez-vous résilié votre contrat avec le PSG en septembre 2013 ?
Mohamed Sissoko. Cela s’est passé d’un commun accord. Je venais de vivre une saison très compliquée, notamment à cause d’une blessure, et je n’entrais plus dans les plans de Carlo Ancelotti. Ensuite, j’étais parti en prêt à la Fiorentina mais cela ne s’était pas bien passé non plus. J’étais vraiment au fond du trou à ce moment-là et résilier mon contrat était la meilleure chose à faire, pour le PSG comme pour moi.

En vouliez-vous à quelqu’un en particulier au PSG ?
Non, il n’y avait rien de personnel là-dedans. Encore aujourd’hui, je n’ai pas envie de cracher sur le PSG. J’étais surtout très déçu de quitter le club à une période où une grosse équipe était en train de se construire. Mais j’en veux surtout à ceux, dans le milieu du football français, qui m’ont collé une étiquette de joueur cramé, constamment blessé. Je pense à certains agents par exemple. Quatre ans plus tard, je suis là, sur mes deux jambes, et je joue encore au foot.

Qu’est-ce qui vous reste de vos deux saisons au PSG ?
Pas mal d’amertume. Je n’ai jamais réussi à jouer dans la plénitude de mes moyens. Même quand Ancelotti m’a donné le brassard de capitaine au printemps 2012, je jouais sur une jambe. J’ai eu l’honnêteté de lui dire que ce brassard était plus un poids qu’autre chose. Il a compris et a donné le capitanat à Christophe Jallet.

Comment avez-vous rebondi après le PSG ?
Je suis passé par une période où je voulais arrêter le football. Je me suis isolé. Mais avec la foi, le soutien de ma famille et l’aide de Karim Lecannellier, mon préparateur physique, je me suis reconstruit. Je suis parti au Levante, en Liga, où l’expérience a été positive. Je n’avais plus de soucis physiques. C’est alors que j’ai reçu une proposition venue de Chine, au Shanghai Shenhua. Le genre d’offre financière qui ne se refuse pas.

Pourquoi avez-vous enchaîné après la Chine avec des expériences dans des championnats comme l’Inde ou l’Indonésie ? Pour l’argent ?
(Il sourit.) Non, j’ai mis ma famille à l’abri du besoin depuis quelques années déjà. J’ai simplement retrouvé le plaisir de jouer et, après, c’est une question d’opportunités… Mais ce n’est pas simple quand on est un ex-joueur de la Juve et de Liverpool d’aller signer en Indonésie. Il faut mettre sa fierté de côté. Après, ce fut une expérience merveilleuse, sur le plan humain, spirituel et sportif. J’étais une star là-bas, c’est incroyable.

Et maintenant, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je suis libre de tout contrat et j’ai encore la rage pour retrouver le devant de la scène. J’ai envie de montrer ce que je vaux. Et quand je regarde des matchs de Ligue 1, sans vouloir manquer de respect à quiconque, je me dis que j’ai encore ma place dans le Championnat de France. Pas forcément dans une équipe de haut de tableau, d’accord… Mais je ne représente aucun risque financier pour un club. Je suis gratuit et je ne suis vraiment pas gourmand. Il faut juste qu’un président ait le courage de penser à moi… un peu comme l’OM l’a fait avec Lassana Diarra. Sinon, je repartirai à l’étranger, au Mexique ou en Malaisie. Je suis devenu un globe-trotter du foot (rires).

Source : Ronan Folgoas / http://www.leparisien.fr/

Photo © LP/ OLIVIER LEJEUNE

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