Interview exclusive : « Conquérir tous les titres cette saison »

Momo Sissoko nous livre ses impressions sur le début de saison du Paris Saint-Germain, et son retour à la compétition après sa préparation physique spécifique.

Comment vas-tu depuis ta reprise ?

Première étape après un long moment d’indisponibilité pour cause de blessure. Je reviens avec énormément d’envie et de plaisir, parce que c’est vrai qu’au début de saison quand tu es blessé et que tu vois tes coéquipiers s’entrainer, et que toi tu es aux soins, ce n’est jamais évident. Mais là, par la grâce de Dieu, je vais beaucoup mieux. Maintenant, c’est juste une question de rythme. Je pense que quand tout se sera remis en place, je pourrai reprendre la compétition.

Tu es même parti à Doha pour suivre des soins. Tu sens que ton genou s’est bien remis ?

Oui ça s’est remis. Entre le début de la préparation et maintenant, je sens une grosse différence. Pour moi comme vous avez pu le voir, j’ai le sourire parce que c’est vrai qu’au début c’était frustrant, j’étais vraiment pas bien et je l’ai fait savoir au docteur. J’ai suivi un traitement qui a été efficace et ça va, donc je suis content. A Doha, il y a un kiné du club qui m’a suivi là-bas. Entre le kiné du Paris Saint-Germain et les docteurs du Qatar, ils ont trouvé une bonne cohésion. On savait sur quoi il fallait travailler, c’est ce qu’on a fait et là j’ai récupéré toute la force que j’avais avant. Le centre Aspetar, je pense que c’est ce qui se fait de mieux dans le monde entier grâce aux infrastructures et aux médecins comme le Docteur Saillant. Avec eux, tu ne peux que progresser et les choses sont claires dans ta tête.

Tu penses être prêt pour Toulouse ?

Je pense. J’ai assisté au match contre Lille, c’est bien de se mettre au vert avec tes coéquipiers. Maintenant j’ai 10 jours pour me préparer. Je sais que je ne suis pas encore à 100%, mais avec 2 ou 3 matchs dans les jambes, je pourrai véritablement retrouver mon état de forme.

Tu as prévu un retour progressif avec le coach ?

On n’en a pas encore discuté, mais moi je ne vais pas bruler les étapes. On va faire les choses step by step, en enchainant le plus de matchs possible. C’est le coach qui décidera. Dans l’idéal, c’est de monter progressivement et de tout casser cette saison.

La concurrence au Paris Saint-Germain, ça permet à l’équipe de jouer sur tous les tableaux

Tu penses trouver facilement ta place au milieu de terrain ?

Je ne me prends pas la tête plus que ça. Cette année c’est vrai qu’il y a énormément de concurrence, mais moi la concurrence ça ne me fait pas peur, ça fait toujours avancer. Dans mes précédents clubs, j’ai connu la concurrence avec des joueurs comme Steven Gerrard ou Xabi Alonso. Là, il y a de la concurrence au Paris Saint-Germain, ça permet à l’équipe de jouer sur tous les tableaux. Moi je n’ai pas peur, je vais tout donner pour jouer le plus de matchs possible et donner le meilleur de moi-même.

Tu as un rôle de leader plus important dans le vestiaire ?

Que ce soit au Paris Saint-Germain, à la Juve ou à Liverpool, je me suis toujours comporté en leader sur le terrain. Même si je n’ai pas le brassard de capitaine, je suis un mec qui aime bien parler, donc c’est ce que je fais en essayant d’apporter toute l’expérience que j’ai eu avec des joueurs comme Pavel Nedved, Del Piero ou d’autres. Si je peux apporter ne serait-ce que par une parole pour le bien de l’équipe, je le ferai avec plaisir.

Je suis capitaine dans l’âme

Et justement par rapport au brassard, Carlo Ancelotti a dit qu’il nommerait un français, mais est-ce que tu penses pouvoir le porter à nouveau en fonction des changements ?

Je ne sais pas, je n’y pense pas plus que ça. Mais pour moi le brassard, c’est juste un truc rouge que tu mets autour du bras, moi je suis capitaine dans l’âme. Donc même si je n’ai pas le brassard de capitaine, ça ne m’embête pas. Le plus important pour moi c’est de retrouver toutes mes conditions, de me faire plaisir cette année parce que c’est vrai qu’on a des échéances très importantes que ce soit en Ligue des Champions, en championnat et en coupes. Ça fait longtemps que je n’ai pas remporté de titres, donc j’espère qu’on va conquérir tous les titres cette saison.

Tu as dû suivre avec attention le tirage au sort de la Ligue des Champions ?

Ah oui ! Ça fait un moment que je n’ai pas joué la Ligue des Champions. A la Juve, je l’ai jouée la première saison, la deuxième on l’a pas jouée. Y revenir et ne serait-ce qu’entendre la musique de la Ligue des Champions, ça fait toujours chaud au cœur. Donc retrouver cette compétition, c’est pour moi quelque chose de très important. J’espère véritablement qu’on va aller le plus loin possible et donner une bonne image du Paris Saint-Germain.

Tu penses que ce serait quoi un bon parcours pour le PSG dans cette compétition ?

Je pense qu’il ne faut pas s’enflammer. Il faut déjà être patron dans le championnat, et après voir en coupe d’Europe. Beaucoup de gens disent que c’est un tirage favorable et facile, moi je dirais que c’est un tirage très compliqué parce que ce sont des équipes qui sont méconnues sur la scène européenne, mais qui sont toujours là et embêtantes à jouer. On sait comment prendre les matchs, on va tout donner pour aller le plus loin possible.

C’est vrai que c’est un tirage un peu piège comme l’an dernier en Europa League, où il n’y avait pas d’équipe qui écrasait le PSG, et par conséquent il peut y avoir du relâchement.

Oui, ce n’est jamais évident de jouer contre ces équipes-là, elles sont dures à jouer. Mais comme on a vu, Bilbao, on les a eus dans notre groupe l’année dernière et ils ont été en finale. Il faut d’abord se concentrer sur nos matchs de championnat, revenir avec 100% de confiance.

Les matchs qu’on peut gagner 4-0, il faut les gagner 4-0

Beaucoup disent que le PSG va écraser le championnat et que ça va être facile, même parfois les concurrents pour mettre un peu plus la pression sur l’équipe. Qu’est-ce que tu penses qu’il faudra au PSG pour être champion ?

Il ne faudra pas revivre les mêmes erreurs qu’on a faites l’année dernière. Les matchs qu’on peut gagner 4-0, il faut les gagner 4-0, et pas jouer avec l’adversaire. C’est ça qu’il nous a manqué l’année dernière. Mais je pense que cette saison, tout le monde, y compris les recrues, a conscience qu’il y a une attente énorme autour de nous, qu’il faut absolument qu’on soit champions, et qu’il faut véritablement être présent à chaque match, que ce soit contre Ajaccio, Brest ou Marseille, il faut être là pour gagner les matchs et enchainer les victoires. Quand tu fais ne serait-ce qu’un match nul, tout le monde t’attend au tournant, et ça ce n’est jamais évident pour le moral.

Par rapport au recrutement encore très impressionnant de cet été, est-ce que les joueurs ressentent encore plus la pression avec ce côté un petit peu « seuls contre tous » ?

C’est ça, on est seul contre tous parce que c’est vrai qu’on nous attend. Tout le monde veut nous taper, attend cette date-là : le Paris Saint-Germain. C’est à nous d’être véritablement prêts d’aller au combat, à la guerre, pour pouvoir se faire respecter sur la scène française.

On a un groupe fort et homogène

Est-ce que l’intégration des nouveaux se passe bien ?

Oui, le fait qu’il y ait maintenant énormément de brésiliens et d’italiens dans l’effectif, ils sont tout de suite dans le moule, l’adaptation se fait naturellement. On essaie de les mettre à l’aise, de faire en sorte qu’ils se sentent bien. On a un groupe fort et homogène, pour l’instant il n’y a aucun problème et j’espère que ça va continuer.

La victoire à Lille a dû soulager une partie du groupe, et ainsi vraiment lancer la saison ?

Oui, ça a soulagé parce que c’est vrai que quand tu enchaines plusieurs matchs nuls et que tu ne gagnes pas, ce n’est jamais évident. On connait notre potentiel, il faut le mettre à profit. On n’a pas véritablement été inquiétés, mais il faut garder le même état d’esprit qu’à Lille si on veut aller loin.

Ton frère Abdou est à Brest cette saison. Est-ce que tu le suis de près, tu lui donnes des conseils ?

Oui je le suis de près et j’essaie de lui donner le plus de conseils possible. Ça me fait plaisir qu’il soit encore parti en prêt à Brest, ça va lui permettre d’enchainer les matchs en Ligue 1 et de se faire un nom. Il faut qu’il prenne du plaisir et qu’il fasse les choses bien pour passer un palier cette saison. C’est un joueur qui a un peu le même profil que moi sauf qu’il est gaucher. C’est un mec très généreux, qui aime ce qu’il fait. Le peu de conseils que je lui donne, il s’y tient à la lettre. Il est très intelligent et sait où il veut aller.

Tu as grandi à la Chapelle Saint Luc. Beaucoup se demandent si tu as encore des attaches là-bas, est-ce que tu y retournes ?

Je garde de bons souvenirs, j’ai fait mes classes là-bas. Y retourner assez souvent, non, parce que je suis beaucoup pris, mais j’ai toujours une pensée pour les gens de là-bas. J’espère que je suis leur fierté et qu’ils me suivent de près.